Poésie
La mort des pauvres
C’est
la Mort qui console, hélas! Et qui fait vivre;
C
'est
le
but
de la vie; et c'est le seul espoir
Qui,
comme un élixir, nous monte et nous enivre,
Et
nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir;
A
travers la tempête, et la neige, et le givre,
C’est
la clarté vibrante â notre horizon noir;
C'est
l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
Où
l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir;
C
est un Ange qui tient dans ses doigts magne tiques
Le
sommeil et le don des rêves extatiques,
Et
qui
refait le lit des gens pauvres et nus;
C'est
la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,
C'est
la bourse du pauvre et Sa patrie
antique
C'est
le portique ouvert sur les Cieux inconnus!
Baudelaire…
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